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2023- Pas d’effets protecteurs des faibles niveaux de consommation quotidienne d’alcool sur le risque de mortalité toutes causes confondues

Association entre la consommation quotidienne d’alcool et le risque de mortalité toutes causes confonduesUne revue systématique et des méta-analyses

Points clés:
Question: Quelle est l’association entre la consommation quotidienne moyenne d’alcool et la mortalité toutes causes confondues ?
Résultats: Cette revue systématique et méta-analyse de 107 études de cohortes impliquant plus de 4,8 millions de participants n’a pas trouvé de réduction significative du risque de mortalité toutes causes confondues pour les buveurs ayant consommé moins de 25 g d’éthanol par jour (2,5 boissons standard en France par rapport aux non-buveurs à vie) après ajustement des principales caractéristiques de l’étude telles que l’âge médian et le sexe des cohortes de l’étude. Le risque de mortalité toutes causes confondues était significativement plus élevé chez les femmes qui buvaient 25 grammes ou plus par jour et chez les hommes qui buvaient 45 grammes ou plus par jour.
Signification: La consommation d’alcool à un faible niveau n’est pas associée à une protection contre la mortalité toutes causes confondues.

Résumé
Importance: Une précédente méta-analyse de l’association entre la consommation d’alcool et la mortalité toutes causes confondues n’a révélé aucune réduction statistiquement significative du risque de mortalité à de faibles niveaux de consommation par rapport aux non-buveurs à vie. Cependant, les estimations du risque peuvent avoir été influencées par le nombre et la qualité des études alors disponibles, en particulier celles portant sur les femmes et les cohortes plus jeunes.

Objectif: Étudier l’association entre la consommation d’alcool et la mortalité toutes causes confondues, et la manière dont les sources de biais peuvent modifier les résultats.

Sources des données: Une recherche systématique dans PubMed et Web of Science a été effectuée pour identifier les études publiées entre janvier 1980 et juillet 2021.

Sélection des études: Les études de cohortes ont été identifiées par une analyse systématique afin de faciliter la comparaison des études avec et sans un certain degré de contrôle des biais affectant les distinctions entre les abstinents et les buveurs. L’examen a permis d’identifier 107 études sur la consommation d’alcool et la mortalité toutes causes confondues, publiées entre 1980 et juillet 2021.

Extraction et synthèse des données: Des modèles de régression linéaire mixte ont été utilisés pour modéliser les risques relatifs, d’abord regroupés pour toutes les études, puis stratifiés en fonction de l’âge médian de la cohorte (<56 vs ≥56 ans) et du sexe (homme vs femme). Les données ont été analysées de septembre 2021 à août 2022. Principaux résultats et mesures: Estimations du risque relatif pour l’association entre la consommation quotidienne moyenne d’alcool et la mortalité toutes causes confondues. Résultats: Les 107 études de cohortes (4 838 825 participants et 425 564 décès disponibles) ont fourni 724 estimations du risque de mortalité toutes causes confondues dû à la consommation d’alcool pour l’analyse. Dans les modèles tenant compte des effets de confusion potentiels liés à la variation de l’échantillonnage, au biais des anciens buveurs et à d’autres critères de qualité préspécifiés au niveau de l’étude, la méta-analyse des 107 études incluses n’a pas révélé de réduction significative du risque de mortalité toutes causes confondues chez les personnes ayant une consommation occasionnelle (>0 à <1. 3 g d’éthanol par jour ; risque relatif [RR], 0,96 ; IC à 95 %, 0,86-1,06 ; P = 0,41) ou les buveurs de faibles quantités d’alcool (1,3-24,0 g par jour ; RR, 0,93 ; P = 0,07) par rapport aux non-buveurs à vie. Dans le modèle entièrement ajusté, le risque de mortalité toutes causes confondues a augmenté de manière non significative chez les buveurs de 25 à 44 g par jour (RR, 1,05 ; P = .28) et de manière significative chez les buveurs de 45 à 64 et de 65 grammes ou plus par jour (RR, 1,19 et 1,35 ; P < .001). Le risque de mortalité était significativement plus élevé chez les femmes consommatrices que chez les femmes non-consommatrices à vie (RR, 1,22 ; P = 0,03).

Conclusions et pertinence: Dans cette revue systématique et méta-analyse actualisée, la consommation quotidienne faible ou modérée d’alcool n’était pas significativement associée au risque de mortalité toutes causes confondues, tandis que l’augmentation du risque était évidente à des niveaux de consommation plus élevés, en commençant par des niveaux plus faibles chez les femmes (2,5 verres par jour) que chez les hommes (4,5 verres par jour).

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