Substances psychoactives et sévérité de l’apnée du sommeil : résultats d’une méta-analyse
L’usage de substances psychoactives constitue un enjeu majeur de santé publique, en raison de ses nombreuses conséquences somatiques et psychiatriques. Parmi ces effets, les troubles du sommeil occupent une place centrale et participent au maintien des conduites addictives ainsi qu’au risque de rechute.
Cette revue systématique avec méta-analyse (28 études incluses, sur 3 784 articles identifiés) avait pour objectif d’évaluer l’impact des substances les plus consommées : alcool, tabac, cannabis, opioïdes et cocaïne sur l’indice d’apnées-hypopnées (IAH), principal marqueur de la sévérité de l’apnée du sommeil.
Principaux résultats
- Alcool :
➜ Association significative avec un IAH plus élevé
DMS : 0,46 ; IC95 % [0,21–0,71] ; p < 0,001 - Opioïdes :
➜ Augmentation significative des apnées centrales du sommeil
DMS : 0,44 ; IC95 % [0,24–0,64] ; p < 0,001 - Tabac :
➜ IAH plus élevé chez les fumeurs, mais différence non statistiquement significative - Cannabis :
➜ Une seule étude disponible - Cocaïne :
➜ Aucune étude comparative identifiée
La relation entre troubles du sommeil et addictions est bidirectionnelle :
- Les substances altèrent la respiration pendant le sommeil.
- Les troubles respiratoires du sommeil compliquent le sevrage et augmentent le risque de rechute.
- La consommation peut réduire l’adhésion au traitement par ventilation nocturne en pression positive continue.
Messages clés
- L’alcool et les opioïdes sont associés à une aggravation des troubles respiratoires du sommeil
- Le tabac pourrait également jouer un rôle
- Les données sont insuffisantes pour la cocaïne et le cannabis
- Le dépistage des troubles respiratoires du sommeil devrait être systématique chez les patients présentant un trouble de l’usage de substances
lire l’article complet : Sleep apnea and substance use: a meta-analysis – ScienceDirect
