Nouvelle étude : Les preuves de dommages liés à l’alcool, notamment pour les cancers et les maladies hépatiques, sont plus robustes que les preuves d’un éventuel bénéfice sanitaire.

Cette étude visait à réévaluer de manière systématique les effets de la consommation d’alcool sur la santé en appliquant la méthode Burden of Proof (BoP), développée dans le cadre du Global Burden of Disease. Les auteurs ont analysé 843 études observationnelles (cohortes et études cas-témoins) portant sur 20 pathologies.

Méthodologie

  • 16 revues systématiques.
  • Données publiées jusqu’en 2023.
  • Analyse des relations dose-réponse entre consommation d’alcool et risques de maladie.
  • Prise en compte des biais fréquents (anciens buveurs inclus parmi les abstinents, hétérogénéité entre études, valeurs extrêmes, etc.).

Principaux résultats

1. Des risques augmentés pour de nombreux cancers

La consommation d’alcool est associée à une augmentation du risque pour les dix cancers étudiés :

  • sein ;
  • colorectal ;
  • œsophage ;
  • larynx ;
  • lèvres et cavité orale ;
  • pharynx ;
  • foie ;
  • estomac ;
  • pancréas ;
  • prostate.

Même à des niveaux faibles de consommation (< 10 g d’alcool pur/jour), une augmentation du risque est observée pour plusieurs cancers.

Le signal le plus fort concerne le cancer du pharynx, pour lequel le risque augmente fortement avec la consommation.

2. Risques accrus pour les maladies du foie et du pancréas

L’alcool est également associé à :

  • la cirrhose et les autres maladies chroniques du foie ;
  • la pancréatite.

Les risques augmentent de façon régulière avec le niveau de consommation.

3. Effets contrastés sur certaines maladies cardiovasculaires et neurologiques

Les auteurs observent des relations en J ou en U pour :

  • la cardiopathie ischémique ;
  • les AVC ischémiques et hémorragiques ;
  • le diabète de type 2 ;
  • la maladie d’Alzheimer et autres démences.

Cela signifie que les faibles niveaux de consommation sont parfois associés à un risque plus faible que l’abstinence dans les études observationnelles, mais que cet avantage disparaît puis s’inverse lorsque la consommation augmente.

4. Absence de seuil universel « sans risque »

La conclusion majeure est qu’il n’existe pas de niveau de consommation pouvant être considéré comme universellement sûr :

  • certains effets potentiellement protecteurs sont observés pour quelques maladies ;
  • mais ces bénéfices potentiels coexistent avec une augmentation du risque de plusieurs cancers dès de faibles niveaux de consommation.

5. Les consommations élevées sont nocives pour toutes les pathologies étudiées

À des niveaux élevés de consommation, l’étude montre une augmentation du risque pour l’ensemble des 20 issues de santé analysées.


Message clé pour la santé publique

Cette étude, l’une des plus vastes synthèses publiées à ce jour sur l’alcool, conclut que :

Les preuves de dommages liés à l’alcool, notamment pour les cancers et les maladies hépatiques, sont plus robustes que les preuves d’un éventuel bénéfice sanitaire.

Elle remet donc en question l’idée d’un seuil de consommation « sans risque » et plaide pour des recommandations fondées sur l’ensemble des effets sanitaires, et non uniquement sur les maladies cardiovasculaires.

En une phrase

L’étude confirme que les consommations élevées augmentent le risque de toutes les maladies étudiées, tandis que même les faibles consommations sont associées à un risque accru pour plusieurs cancers, rendant difficile la définition d’un niveau de consommation d’alcool totalement sûr.

cliquer ici pour consulter l’article 1er juin 2026 https://www.nature.com/articles/s44360-026-00139-5