Nouvelle étude : l’impact des interventions secondaires sur la consommation d’alcool à risque de cirrhose
Une étude récente publiée dans Liver international met en évidence l’importance des interventions secondaires pour réduire le fardeau de la consommation d’alcool à risque de cirrhose en France. En s’appuyant sur un modèle de Markov développé à partir de données de plus de 45 000 individus suivis entre 2002 et 2014, les auteurs ont analysé l’évolution de la consommation d’alcool et évalué l’impact de plusieurs stratégies de prévention jusqu’en 2030.
Les résultats confirment que si la consommation d’alcool par habitant continue de diminuer au rythme actuel, son impact sur la prévalence des buveurs à risque (≥ 20 g/jour) restera limité. À l’inverse, les interventions ciblant spécifiquement ces consommateurs permettraient une réduction plus significative à court et moyen terme, jusqu’à -13,7 % selon le taux de mise en œuvre.
Autre point saillant : l’étude souligne que 80 % des adultes consultent leur médecin généraliste chaque année, mais que moins de la moitié de ces professionnels utilisent des outils standardisés de dépistage. Encourager les médecins à réaliser des interventions brèves pourrait ainsi avoir un effet considérable sur la diminution des consommations à risque.
Enfin, l’étude rappelle que la dissociation entre la baisse de la consommation globale et la stabilisation du binge drinking chez les jeunes impose des politiques spécifiques pour lutter contre ce phénomène.
Ces résultats renforcent l’idée que les stratégies de prévention doivent conjuguer des actions primaires et secondaires pour être pleinement efficaces. Une réflexion approfondie sur l’implication des professionnels de santé et le développement d’outils innovants est essentielle pour réduire durablement l’impact de l’alcool sur la santé publique.
- Une augmentation de la consommation d’alcool par habitant entraîne un risque accru de consommation à des niveaux dangereux.
- Les hommes et les personnes de moins de 45 ans sont plus à risque de boire des quantités élevées.
- Environ 2,5 millions de Français consommaient déjà des quantités d’alcool à risque de cirrhose en 2023.
- Sans intervention, cette prévalence restera stable d’ici 2030.
- Les stratégies de prévention primaire ne suffisent pas à modifier cette tendance.
- Les interventions secondaires (ex. : interventions brèves, suivi médical ciblé) sont essentielles pour réduire efficacement cette consommation à risque.